Dernières pensées : “Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !”
Cette phrase ne vous dit peut être rien. Mais je suis persuadé que les “inculpés du 11 novembre” auraient de suite reconnu la dernière phrase de la fameuse lettre de Guy Moquet.
Ils étaient plus âgés, mais n’avaient pas moins cet esprit de résistance. Un portrait de Georges Guingouin suspendu au mur du restaurant, on ne pouvait douté de leur fierté d’appartenir à une région, à une nation qui avait connu tel héros. Ils connaissaient sûrement mieux l’histoire des Résistances que beaucoup de ceux qui les ont qualifiés de terroriste.
Ils aimaient la France, les français, mais ils aimaient surtout l’Homme. Pour quelle autre raison, si ce n’est l’humanisme, ces personnes issus de milieux aisés voire bourgeois, ayant suivi de longues et éminentes études, auraient-elles risquées ce qu’elles encourent aujourd’hui ?
Les deux grandes motivation de l’Homme ont toujours été l’amour et l’argent. Or, et malgré tout ce que les rumeurs ont pu trouvé pendant les perquisitions, je n’ai pas entendu parler de valise remplie de billets.
Ces “terrorumanistes” sont aujourd’hui enfermés dans un Guantanamo à la française, sous le coup d’une loi qui, telle le Patriot Act de l’Amérique de Bush, permet l’arrestation et le maintient en détention provisoire, sans la moindre preuve ! Ce Guantanamo est pudiquement appelé Direction Centrale du Renseignement Intérieur, pour faire appeler “Renseignement Généraux” et “Direction de Surveillance du Territoire”. “Tout change mais rien ne change”, comme disent à leur client les entreprises qui se font racheter.
Je ne cautionne pas l’action violente, l’action dangereuse, l’action mettant en danger la vie de personnes innocentes. Mais je ne cautionne pas l’arbitraire, et la justice “reality show”.
Simulacre de justice ! On a des sabotages sur les lignes SNCF. Des rumeurs parlent de cheminots. Vite ! Des gauchistes, des extrémistes d’un bord ou de l’autre, des communistes, ce que vous voulez pourvu qu’ils puissent faire bouc-émissaire. Comme ça tombe bien, on en surveille depuis 6 mois, des anarcho-ultra-gaucho-hippies. Vite, un coup de fil à l’AFP, à TF1, rendez vous à 6h demain matin en pleine campagne. Non, on prévient pas les autorités locales, elles seraient capable d’être corrompue et de leur faire prendre la fuite !
Faut que les gens voient qu’on s’occupe de leur sécurité, alors on met le paquet. Les cagoules, les flingues, les chiens, les gendarmes, les flics, les barbouzes, les ministres !
On arrête un maximum de monde pour justifier ce déploiement de force, on libérera un peu plus tard ceux qu’on a ramassé en trop. On en garde que quelques uns. On dit aux journalistes que ceux là forment “le noyau dur”, qu’il y a le “leader et ses lieutenants”. A les entendre, ça m’a rappelé le Chef d’Etat Major américain informant de l’arrestation du bras droit d’Oussama Ben Laden dans une grotte afghane.
Et puis les journalistes, ils aiment ça, être invité en avant-première pour une arrestation. Souvenez vous il y a quelque mois, une grosse interpellation en banlieue, 500 flics et 1000 journalistes pour arrêter 5 personnes. Quand on connait l’ambiance dans certaines cités, le nombre de policiers peut se justifier (pas celui de journalistes, présents à l’heure pile !), mais à Tarnac, commune de 327 habitants, et son hameau Javaud, qui vient de voir sa population divisée par deux, c’est complètement ridicule.
Surtout que, si il est possible (après tout, pourquoi pas) que les “inculpés du 11 novembre” aient quelque chose à se reprocher, il faut voir à ne pas les charger comme des mules, surtout en l’absence de tout élément matériel. On leur a mis sur le dos les plaques de bétons sur les voies ferrées, c’est oublié bien vite qu’un incident identique à eu lieu, le matin même de leur interpellation, dans l’Orne, à 500km de là.
Mais, voyons le bon côté des choses. Nous sommes sûr maintenant de vivre dans un pays protégé par sa force publique, laquelle suit patiemment les dangereux terroristes et attend qu’ils aient commis leur crime avant de les arrêtés.
Non, je ne suis pas objectif. Au contraire même, comment pourrais-je l’être, quand les personnes que les médias crucifient sur l’autel du terrorisme sont des personnes que j’ai croisé régulièrement, avec qui j’ai discuté, avec qui j’ai partagé plusieurs repas. Je ne suis pas objectif, mais je ne cherche pas à l’être. Je cherche à ce que ne soient pas oubliés ces personnes actuellement sous les verrous, pour le temps d’une enquête qui s’annonce longue, et qui, sait-on jamais, pourrait bien aboutir sur leur acquittement.
Je ne veux pas qu’ils tombent dans l’oubli, car ce processus à déjà commencer. J’en veux pour preuve le fait que la plupart d’entre vous n’auront pas été choqué que je parle d’eux au passé.
Pour qu’ils ne soient pas oubliés, une des possibilités qui s’offre à vous:
http://www.soutien11novembre.org/